L’itinéraire, des conseils pratiques, étapes, dénivelés, traces GPS de la Grande Traversée de la France à pied par l’ensemble des cinq massifs du pays : Vosges, Jura, Alpes, Massif Central et Pyrénées. 2500 kilomètres et 117 kilomètres de dénivelés positifs du Nord-Est au Sud-Ouest, de Lauterbourg à Hendaye.
La Grande Traversée de la France
La longue marche idéale? Un parcours très progressif pour s’adapter, des itinéraires mythiques comme la Grande Traversée des Vosges, la Grande Traversée du Jura, la Grande Traversée des Alpes (GR5 jusqu’au mont Thabor avant de poursuivre vers l’Ouest), des parties du chemin de Stevenson dans le Massif Central, la HRP dans les Pyrénées, un parcours très montagne mais aussi des petits villages typiques, des châteaux… encore peu connue, la Grande Traversée de la France peut devenir un must avec différentes initiatives qui se mettent en place. Dépêchez-vous pour faire partie des pionniers.
Itinéraire :
Voir le détail des étapes, traces GPS, ainsi que tous les renseignements sur la logistique (approvisionnement, hébergement, eau…) dans les pages consacrées à chacune des parties de ma marche :
- Vosges
- Jura
- Alpes
- Des Alpes aux Pyrénées
- Pyrénées
- Au jour le jour, voir le récit de la Grande Traversée de la France
Hexatrek et Grande Traversée de la France :
Le tracé de l’Hexatrek et celui de ma Grande Traversée de la France sont proches. Ils ont la même philosophie : traverser la France par ses 5 massifs montagneux en s’inspirant des thru hikes américains. Ils ont été imaginés presque en même temps. J’ai fait ma traversée en 2020. L’Hexatrek a été créé en 2022. Sans s’inspirer l’un de l’autre, le résultat est similaire.
Quelles sont les principales différences ? Mon tracé est beaucoup plus court : 2500km contre 3030km pour l’Hexatrek. En détail, dans chaque massif :
– Vosges. L’Hexatrek débute à la frontière à Wissembourg dans un endroit lambda sans attrait particulier. Je préfère mon démarrage à Lauterbourg, au bord du Rhin, à l’extrémité nord-est de la France pour terminer à Hendaye, à l’extrémité sud-ouest du pays. L’étape de Lauterbourg à Wissembourg se fait en plus essentiellement sur des sentiers balisés. Les deux parcours sont ensuite assez similaires mais je reste plus en altitude alors que l’Hexatrek fait des passages plus bas notamment à Saverne puis à proximité de Sélestat. Pourquoi? Il ne passe pas non plus au sommet du Hohneck. C’est dommage. L’Hexatrek fait le choix ensuite du passage par le Grand Ballon d’Alsace. C’est le point culminant du massif à 1424m d’altitude. Cela peut se justifier. Mais ce choix impose ensuite de redescendre dans la vallée à Thann. J’ai fait le choix de rester sur la ligne de crête en passant par le Drumont. Après le Ballon d’Alsace, le parcours de l’Hexatrek, plus en altitude me semble plus pertinent que le mien. Dans les Vosges, ma Grande Traversée de la France fait 350km, l’Hexatrek 420km.
– Jura. Jusqu’au gorges du Doubs, les deux parcours sont similaires et complètement différents ensuite. C’est pour moi le plus gros défaut du tracé de l’Hexatrek. Il ignore le Jura français. Pour une traversée de la France, c’est dommage. La partie suisse n’est pas toujours très intéressante (et en plus avec les prix suisses…). Pire, l’Hexatrek oublie ensuite tout le sud du massif avec son point culminant, le Crêt de la Neige à 1721m d’altitude. C’est une très belle partie avec des sentiers sur les crêtes et des vues somptueuses sur les Alpes. Au lieu de cela, l’Hexatrek file droit vers le sud pour traverser le lac Léman en bateau. L’itinéraire pédestre est rompu… Pourtant, un sentier de grande randonnée, le GR Balcon du Léman permet de contourner le lac entièrement à pied avec de bons sentiers (hormis le passage vers Bonne plus urbain). Dans le Jura, avec 280km (sans la traversée en bateau), l’Hexatrek est plus court que ma Grande Traversée de la France (400km).
– Alpes. C’est un massif que je ne connaissais pas contrairement au créateur de l’Hexatrek. Cela explique sûrement certains choix. J’ai largement suivi le GR5 – Grande traversée des Alpes. Il passe par Samoëns. L’Hexatrek reste plus en altitude. C’est plus long mais probablement plus spectaculaire. Ensuite les deux parcours sont similaires. Par contre au sud des Ecrins, j’ai filé droit vers la vallée du Rhône par le Dévoluy alors que l’Hexatrek prend le chemin des écoliers pour visiter les Alpes via le massif de Belledonne. Hormis le passage dans le Vercors et la proximité du mont Aiguille, si je refais le parcours, je tracerais beaucoup plus directement que l’Hexatrek. C’est dans les Alpes que la différence de distance est la plus élevée entre les deux tracés : 850km pour l’Hexatrek et 580km pour ma Grande Traversée de la France. C’est le reflet de deux philosophies différentes : visiter le massif d’un côté et aller d’un point à un autre pour moi.
– Massif Central. L’Hexatrek passe par les gorges de l’Ardèche alors que je ne les avais rejointes qu’au dessus du Pont d’Arc. En arrivant à Vallon, j’avais comblé cette lacune par une descente des gorges de l’Ardèche en canoë kayak dans l’après midi. Choix différent ensuite : l’Hexatrek passe par les gorges du Tarn. J’ai fait le choix de rester en altitude et de passer par le mont Aigoual, sommet emblématique de ce massif. Mon tracé est ensuite plus direct en plusieurs endroits et notamment à la fin où je passe par Minerve et l’Hexatrek par Carcassonne. Des Alpes aux Pyrénées, ma Grande Traversée de la France fait 520km alors que l’Hexatrek est beaucoup plus long avec 680km.
– Pyrénées. Je connaissais déjà ce massif, étant originaire des Pyrénées. Mon tracé est le reflet de choix par rapport à des parties de ce massif que je ne connaissais pas encore. Je me suis plutôt inspiré de la HRP. L’Hexatrek suit plus régulièrement le GR10. Il ne passe pas ni par le Canigou, ni par le Carlit. J’ai ensuite voulu découvrir une partie sauvage de l’Ariège quand l’Hexatrek passe en Andorre. Dans la partie centrale, je suis passé par le Vallibierna (3059m). Ce n’est pas classique. Pour une traversée plus « normale », il vaut mieux s’inspirer de la HRP ou de l’Hexatrek. Ensuite l’Hexatrek reste plutôt sur le GR10 sauf dans la vallée d’Aspe où il évite le chemin de la mâture. J’ai fait le choix inverse en restant sur la HRP sauf au niveau du chemin de la mâture… Dans les Pyrénées, mon parcours est aussi plus court avec 650km contre 800km pour l’Hexatrek.
Deux parcours, une même philosophie mais finalement pas mal de différences entre ma Grande Traversée de la France et l’Hexatrek…
Sites internet :
Le site de l’Hexatrek propose les tracés, logistique, point d’intérêts avec une application dédiée.
Outre les sites internet mentionnés sur les pages pour chaque massif, sur l’ensemble du territoire, le site gites-refuges.com est utile pour avoir des informations sur les refuges et gîtes d’étape et celui Refuges.info pour les refuges, cabanes et abris.
Voir le site LeCampingsauvage.fr pour la réglementation en France pour le bivouac ou le camping sauvage.
Le matériel
Depuis l’Appalachian Trail 2017, puis les Balkans en 2018 et l’Europe de l’Est en 2019, j’utilise à peu près le même équipement avec quelques petites modifications chaque année. Je suis rodé avec, il m’a donné satisfaction. J’ai eu besoin de tout et n’ai manqué de rien. L’évolution majeure de 2020 est de passer en dessous de 8kg porté hors eau et nourriture. Pour être précis, mon sac à dos pèse 7,62kg en poids de base (hors eau et nourriture). Le gain est non négligeable. J’ai remplacé ma doudoune « modèle de ville » par un modèle plus adapté à la pratique sportive et plus performant (Mountain Hardwear Ghost Whisperer). J’ai aussi remplacé ma veste coupe vent qui avait fait son temps (plus de 10 ans, un peu déchirée et recousue, plus vraiment imperméable) par un modèle plus récent. Je suis resté chez Vertical avec la veste Aeroquest en MP+. C’est un gros gain de poids (150g par rapport au précédent modèle). Elle paraît très fragile (à éviter la végétation dense, les ronces, les rochers…) mais je ne l’ai utilisée qu’une seule fois.
Parmi les rajouts cette année, le masque de protection ! Quelques grammes en plus pour l’élément indispensable de l’année 2020. Par contre, je n’ai rien prévu pour suspendre ma nourriture à l’abri des ours. Pour ceux des Pyrénées, même pas peur, on est presque cousins…
J’aurais pu tendre vers les 7kg en changeant les éléments lourds (sac à dos, tente, duvet, matelas de sol) par de nouveaux produits, aujourd’hui sur le marché et plus légers. Je suis resté avec ma tente. J’en suis content. C’est sa cinquième année. Assez grande (sensée être pour deux), elle permet d’être confortable quand on y est confiné, avec le sac à dos, par mauvais temps. Il existe maintenant des matelas de sol un poil plus léger, mais ce serait investir pour gagner, à peine, quelques grammes. Côté sac à dos, North Face avec son Hydra 38l autour de un kilo ou Salomon avec son Out Week 38+6l annoncé pour 815g mériteraient d’être testés.
Sans être un puriste de la marche ultra légère, moins de 8kg porté hors eau et nourriture me parait très raisonnable pour être autonome et pouvoir rester confortable par des températures légèrement négatives.
Charge téléphone : Jusqu’à maintenant, j’avais mon téléphone (batterie 4100mAh) + deux accus 18650 donnés pour 3500 mAh (dont un sert aussi pour la frontale). Cela me permettait d’avoir environ 6 jours d’autonomie avec une utilisation très maîtrisée du téléphone. J’ai acheté cette année un panneau solaire Tomshine 10W 5V (85g) et du coup ne suis parti qu’avec l’accu 18650 de la frontale en complément. Le surpoids par rapport à l’année dernière n’est donc que de 35 grammes.

