Les 6 Mers

Atlantique – Méditerranée – Tyrrhénienne – Ionienne – Adriatique – Mer Noire. Présentation et récit au jour le jour de la marche des « Six Mers » depuis l’Atlantique jusqu’à la Mer Noire.
2560km, 94000 mètres de dénivelés positifs de Gaztelugatxe au Pays Basque au cap Éminé en Bulgarie avec la traversée de la partie nord de la Cordillère Ibérique, la Sardaigne d’Est en Ouest, l’Italie du Sud de la Côte Amalfitaine au Cap Santa Maria di Leuca (pointe du talon de la botte), les Balkans du port albanais de Durrës à la côte de la mer Noire en Bulgarie.

Le parcours des Six Mers

Pour le détail de chaque partie, la trace GPS, les dénivelés, les informations utiles (hébergement, eau, ravitaillement…) voir les pages :

Toutes les photos et où je suis

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Le matériel

Depuis 2017 et l’Appalachian Trail, je pars toujours avec le même équipement. Pour les raisons de mes principaux choix, voir la page d’introduction de l’Italie. Pour les personnes intéressées par une recherche d’un matériel véritablement ultra-léger, voir le très bon site Randonner-leger où je puise pas mal d’idées.


Le récit

Sommaire

1 – De l’Atlantique à la Méditerranée : Cordillère Ibérique Nord
2 – De la Méditerranée à la mer Tyrrhénienne : La Sardaigne
3 – De la mer Tyrrhénienne à la mer Ionienne : L’Italie du Sud – Les Pouilles
4 – De l’Adriatique à la Mer Noire : Albanie
5 – De l’Adriatique à la Mer Noire : Bulgarie, le Kom Emine
6 – De l’Atlantique à la Méditerranée : retour pour une éclipse

Fin du récit

Introduction

«Carpe diem, quam minimum credula postero», ces célèbres mots d’Horace sont on ne peut plus appropriés à ma marche 2026. «Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain» ou pour les reprendre plus littéralement «sans être crédule sur l’avenir». Le temps passe. Pendant combien d’années pourrai-je encore partir pour des longues marches? Les problèmes physiques de 2025 m’ont ramené à la réalité : le corps vieillit et je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir alors il me faut profiter de l’instant présent. Carpe diem.
Ces mots d’Horace sont d’autant plus appropriés que mon parcours 2026 passe entre autres par Venosa, la patrie du poète.
La traversée de la Stara Planina (ou chaîne du Balkan) en Bulgarie, dernier massif important en Europe du Sud que je n’ai pas traversé. Le talon de la botte italienne, itinéraire que j’avais préparé en 2022, incertain de pouvoir mener à bout mon projet dans le Caucase et en Turquie. L’éclipse totale du soleil le 12 août dans le nord de l’Espagne. Quinze kilomètres en Albanie manquant sur le parcours complet à pied d’Istanbul à Lisbonne. Le Moncayo à 2314m d’altitude et le Musala à 2925m respectivement, les points culminants de la Cordillère Ibérique et de la péninsule des Balkans. Cheminer en continu et dans la même année de la Mer Noire à l’Atlantique.
Quand en septembre, la longue marche de l’année est derrière moi et quand vient le temps de penser à la suivante, une idée commence à germer. Je construis un itinéraire sur un massif ou un espace géographique défini. Mais pour poursuivre mes explorations de l’Europe du Sud, où aller en 2026 ? Je n’avais qu’une liste à la Prévert de possibilités. Les réunir pour en faire un ensemble cohérent ? Une chimère ? Non les « Six Mers ».
La traversée pédestre de l’Europe d’Est en Ouest d’un seul trait et en passant par les différents massifs montagneux n’est pas courante. Le faire sur une même année du printemps à l’automne est rare. En 1992-1993, mais aussi en hiver, l’anglais Nicholas Crane l’a fait du Cap Finisterre en Espagne jusqu’à Istanbul (Clear Waters Rising: A Mountain Walk Across Europe). En 2018, deux français, Nil et Marie ont traversé l’Europe de l’extrémité sud du Portugal jusqu’à Istanbul sur deux années. En 2019, Bruno Leroyer marche de la Mer Noire en Roumanie au cabo da Roca, le point le plus occidental du continent européen, à proximité de Lisbonne. La même année, le Canadien Dylan Ivens crée et parcourt un itinéraire du cap Éminé en Bulgarie au cap Finisterre (Trans-European Alpine Route: Hike Across A Continent). Un couple slovaque, Matúš Lašan et Anna Liszewska, a suivi son parcours en 2022. C’est à ma connaissance la seule femme a l’avoir fait. La même année, Antoine Debontride traverse l’Europe de Crète à l’Atlantique (en partie en suivant mes traces dans les Balkans ou les Alpes). Samuel Knosp (L’aventure à 2 pas), Goulven Le Goff (Fou d’Europe) ont également marché d’un bout à l’autre du continent sur plus d’une année. Ce « Fou d’Europe » prévoit en 2026 de traverser le continent d’Ouest en Est, du Portugal au Cap Éminé, et cette fois du printemps à l’automne. D’autres étrangers ou anonymes l’ont sûrement fait. La traversée de l’Europe à pied est plus une affaire de passionnés endurants que d’habitués des réseaux sociaux.
L’itinéraire d’Istanbul à Lisbonne, je l’ai parcouru quasi entièrement dans sa version par les Carpates, proche de celle de Nicholas Crane ou par les Alpes Dinariques comme le TEAR. Je l’ai bien en tête mais je crains de ne plus l’avoir dans les jambes. Marcher 6600 kilomètres du printemps à l’automne est exigeant. Il faut être capable de tenir un rythme très soutenu : 220 jours, 7 mois de marche avec quotidiennement 30 kilomètres et sans jours de repos… Sur cet itinéraire montagneux, il faut aussi intégrer les aléas climatiques. Sur une période aussi longue, le mauvais temps, l’enneigement sont susceptibles de ralentir le rythme voire de contraindre à renoncer.
Je projette quand même cette année de traverser l’Europe d’Ouest en Est de l’Atlantique à la mer Noire, mais j’ai rusé. Je vais réunir les chaînons manquants de mes marches dans le sud du continent à pied mais aussi en bateau.
La première partie, de l’Atlantique à la Méditerranée relie Gaztelugatxe au Pays Basque à Peñíscola dans la région de Valence en passant par une partie de la Cordillère Ibérique que je ne connais pas et son point culminant, le Moncayo à 2314 mètres d’altitude. J’ai prévu de débuter au début du printemps au Pays Basque. C’est suffisamment proche de Toulouse pour pouvoir choisir une fenêtre météo favorable. Je garderai la partie en altitude pour l’été au moment de l’éclipse totale du soleil. Ma marche printanière se poursuivra plus à l’Est de l’Aragon à Peñíscola sur la côte méditerranéenne.
Un première traversée en bateau m’amènera ensuite de Barcelone à la ville sarde mais de culture catalane d’Alghero. Là, je marcherai, toujours d’Est en Ouest jusqu’à l’archipel de la Magdalena.
Après une nouvelle traversée en bateau, je débuterai sur la côte amalfitaine pour aller à pied de la mer Tyrrhénienne à la mer Ionienne, à la pointe du talon de la botte italienne. Hormis au début en Campanie où le relief est plus montagneux, je serai ensuite dans les Pouilles sur des plateaux et plaines. À priori, pas de difficultés majeures si ce ne sont celles de l’Italie du Sud : des sentiers qui n’existent plus, des clôtures et peut-être des parties longues et monotones sur du bitume.
Le dernier trajet en bateau de mon projet des 6 Mers m’amènera de l’autre côté de l’Adriatique, à Durrës en Albanie. C’est depuis l’antiquité, une des portes des Balkans. L’objectif est de terminer le «boulot» avec la liaison de 15 kilomètres. Des feux de forêts ne m’ont pas permis de le faire en 2025. Mais, en Albanie , je vais marcher un peu plus avec une traversée presque complète du pays d’Ouest en Est.
Je ne referai pas la partie en Macédoine du Nord parcourue en 2025. J’ai prévu de traverser le pays en bus et de reprendre à pied dans le massif du Rila en Bulgarie. L’itinéraire passe par le pic Musala, à 2925m, point culminant de la péninsule des Balkans pour rejoindre le massif de la Stara Planina (le Balkan). La fin est assez simple et linéaire : suivre la ligne de crête jusqu’à la mer Noire par le sentier assez populaire du Kom Emine.
Au cap Éminé, probablement début juillet, je n’en aurai pas tout à fait terminé. Je rentrerai en France puis au mois d’août, je terminerai au moment de l’éclipse du soleil dans la partie la plus haute de la Cordillère Ibérique.
Si j’arrive au bout de ce projet des Six Mers, j’aurai, depuis 2012, traversé tous les principaux massifs du sud de l’Europe, j’aurai marché en continu d’Istanbul à Lisbonne, je serai passé par un certain nombre de sommets comme l’Olympe, les points culminants de la péninsule ibérique, des Balkans, des Pyrénées…, j’aurai traversé les principales îles de la Méditerranée, j’aurai marché dans tous les pays du sud du continent, je me serai enrichi de toutes ces rencontres au fil du chemin, j’aurai énormément appris sur l’histoire, la culture des pays et régions traversés.
De l’Atlantique à la Mer Noire, cette longue marche me permettra aussi de faire de nombreux liens avec mes précédentes longues marches, celles de 2012, de 2014, 2016, 2018, 2019, 2021, 2023 et 2025 et notamment dans trois péninules qui ont constitué mon terrain de jeu privilégié de ces 15 dernières années : la péninsule ibérique, l’Italie et les Balkans. C’est finalement une synthèse de toutes ces marches. En sera-t-elle la conclusion ? Je ne sais pas, je repars en 2026 et «Carpe diem, quam minimum credula postero».

1 – De l’Atlantique à la Méditerranée : Cordillère Ibérique Nord

x mars : Cap Matxitxako / Gaztelugatxe –

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2 – De la Méditerranée à la mer Tyrrhénienne : La Sardaigne

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3 – De la mer Tyrrhénienne à la mer Ionienne : L’Italie du Sud – Les Pouilles

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4 – De l’Adriatique à la Mer Noire : Albanie

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5 – De l’Adriatique à la Mer Noire : Bulgarie, le Kom Emine

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6 – De l’Atlantique à la Méditerranée : retour pour une éclipse

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Conseils pratiques, étapes, traces GPS, récit.